mercredi 22 septembre 2010

Le Troisème Testament

LE TROISIEME TESTAMENT par Dorison et Alice, chez Glénat

Série originelle finie en 4 volumes
Tome 1 de la préquelle à paraître le 29 septembre 2010

Fin XIIIème siècle, un monastère reculé, la Sainte Inquisition organise le procès d'un de ses membres les plus illustres : La main de Dieu, Conrad de Marbourg. Fidèle serviteur de Dieu, sa droiture et ses activités lui ont entrainé des inimitiés auprès des autorités qui comptent bien lui faire payer. L'issu du procès est sans appel : la mort.

1306, vingt ans plus tard, couvent de Veynes, un coffre est découvert dans une crypte qui avait été scellée... Paris, quelques jours plus tard, l'évêque Charles d'Elsenor convoque son vieil ami, laissé pour mort vingt ans auparavant, ayant vécu reclus jusque là, pour qu'il enquête sur ce coffre qui contiendrait un parchemin datant de l'époque du Christ...

Le couvent de Veynes brulé par une horde de cavaliers masqués et surtout la mise à mort de Charles achèvent de convaincre Marbourg de partir en quête, en compagnie d'Elizabeth d'Elsenor, d'un parchemin qui pourrait le mener au Troisième Testament...

Le cadre étant posé, mon but va maintenant être de vous expliquer en quelques points pourquoi cette série est à compter, encore aujourd'hui, parmi les incontournables.

D'abord parce qu'elle a, si ce n'est créer, au moins sublimé un genre : les BD historiques à thématique religieuse. Beaucoup ont tenté de s'en inspirer, aucune ne l'a égalée. Les reconstitutions sont superbes, des décors à l'histoire, on est littéralement plongé dans cet univers médiéval réaliste où l'Eglise prédomine. Une immersion totale dans ce contexte religieux où s'affrontent plusieurs factions, des Templiers à l'Inquisition, pour ne citer que les plus importants. De nombreux termes "techniques", des détails précis, sans pour autant être étouffé. Aucune lourdeur. Juste un cadre d'une extrême richesse, et d'un grand intérêt.

Ensuite parce qu'elle a presque érigé Dorison au rang de référence du "scénario complexe bourré de détails excellentissime". Tout semble avoir été sujet à des recherches approfondies. Le scénario est donc d'une rare complexité, sans jamais être confus pour autant. La progression se fait naturellement entre action et enquête sur 4 tomes où tout semble déjà réglé à la perfection, où chaque détail compte, où chaque page amène son lot de surprises, où chaque rôle n'est pas établi, jusqu'à l'apothéose finale...

Egalement pour le charisme et la profondeur de ses personnages, alliés ou ennemis. En tête, Conrad de Marbourg, personnage froid, droit, bras armé d'une Eglise corrompue, au passé obscure. A ses côtés, Elizabeth, narratrice de l'histoire, qui apporte une dose d'humanité à ce récit. Autour d'eux, quelques rencontres, certaines plus marquantes que d'autres (Gherard, Trevor...). Tous sont traités avec la même application, tous ont un caractère détaillé, des forces, des faiblesses. En face, les ennemis ne sont pas en reste, certains jouant plus d'un charisme "d'apparence", comme ces cavaliers masqués annoncés par la présence de corbeaux, invulnérables, omniprésents, traquant les héros sans relâche. Plus loin, d'autres groupes, inquisiteurs, templiers...

Enfin parce que le Troisième Testament a permis de découvrir Alice, qui déjà, réalise des prouesses graphiques hors normes. Des jeux d'ombres et de lumières fabuleux, variant à merveille les atmosphères, tantôt sombres et oppressantes, tantôt plus sereines, presque reposantes. Des décors (France, Espagne, Ecosse...) et des monuments grandioses et des scènes d'actions d'une rare vitalité, le tout mis en scène de façon somptueuse. Le dessin se marie à la perfection avec ce scénario exceptionnel, précis, subtil, fouillé. Un vrai chef d'oeuvre.




Encore actuellement, Le Troisième Testament est l'épopée historico-religieuse par excellence. Un scénario d'une rare richesse, des personnages passionnants, et des dessins sublimes. Et connaissant les travaux des scénaristes, il y a fort à penser que la préquelle qui sort dans quelques jours sera tout aussi exceptionnelle.

Corentin

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire